Au Secours, La Descendance Est En Pleine Crise Des 4 Ans

Ou comment elle est devenue à la fois insolente, désobéissante, collante, bruyante… En un mot : agaçante.

Mon fils a 7 mois et se porte comme un charme. Vraiment tout va bien. Il ne souffre pas excessivement des dents, ne se réveille qu’une seule fois la nuit pour téter et a bon appétit. Par contre du côté de la descendance c’est tellement plus compliqué… Si je suis épuisée en fin de journée c’est à cause d’elle et de la splendide crise des 4 ans qu’elle nous offre.

Aidez moi je n’en peux plus.

Elle me crie « t’es méchante », « toi je t’aime pas », « va t’en » et d’autres joyeusetés. Elle me tape (ou menace de le faire) quand elle est contrariée, braille, gesticule dans tous les sens, trébuche sans arrêt, dévale les escaliers, renverse ses verres, colorie à gros bouillons, se jette dans son lit comme un boulet de canon. Et plus elle s’agite et plus je suis tendue. 

Elle se comporte comme un bébé, ce qui a le don de m’exaspérer. Elle veux manger sur mes genoux, que je fasse le petit avion avec la cuillère, dormir dans mes bras, porter une couche, faire caca dans un pot, que je l’habille de A à Z. Puis, la minute d’après elle va d’exiger d’être traitée comme une grande et de faire toute seule telle ou telle chose.

Elle résiste à tous les ordres, essaye de tout négocier jusqu’au moindre détail, demande toujours plus et fait exactement ce que nous lui demandons de ne pas faire.

Elle a une énergie inépuisable, une envie de jeux actifs du matin jusqu’au soir qui n’est pas compatible avec ma routine tétée couche sieste. Elle fonce partout, court dans les escaliers, grimpe aux arbres, claque les portes, vide l’armoire à jouets de son contenu.

Impossible de l’emmener au supermarché, c’est la crise assurée.

Avant la naissance de son petit frère tout allait très bien. C’était une petite fille sage, observatrice et toujours avec moi. Puis vint le choc : la séparation lors de mon séjour à la maternité. Trois journées qu’elle a passé à pleurer, à demander en boucle à l’Époux quand j’allais enfin revenir. 

Une fois à la maison vint un deuxième choc : elle n’était plus au centre des attentions. Impossible. Elle ne voulait que moi et j’étais précisément la personne la moins disposée à m’occuper d’elle. C’est à ce moment là que la descendance s’est transformée en infâme créature pré adolescente et que la fameuse crise des 4 ans a commencé.

Autre conséquence : son bégaiement, jusqu’à là léger et occasionnel, a explosé (ma culpabilité aussi). La suite dans un article dédié.

La descendance adore son petit frère, c’est indéniable, je le vois dans ses yeux, dans ses sourires, dans toutes ses tentatives pour le faire rire, dans son empressement à le retrouver au réveil et après l’école.

La descendance qui regarde son petit frère avec beaucoup de tendresse.

Pourtant la jalousie est là : elle mange systématiquement sa purée, se contorsionne pour rentrer dans ses gigoteuses, cache ses hochets et tous les cadeaux qu’il reçoit, mord dans ses anneaux de dentition… Il n’y a que quand elle est à l’école que je peux profiter pleinement de mon fils, autrement elle fera n’importe quoi pour détourner mon attention et pour que je la regarde ELLE.

Les journées sont longues en compagnie de la descendance et cela me désole vraiment de le dire. Elle qui a été une petite fille si facile à vivre je ne m’attendais pas à ce qu’elle devienne un telle tigresse à 4 ans. Et dire que j’avais osé imaginer, dans toute ma naïveté, qu’elle serait sage et à l’écoute de sa maman toute sa vie… 

Plus la descendance fait sa mini crise d’adolescente et moins j’ai envie de passer du temps avec elle, ce qui ne fait qu’empirer le problème. Nos moments ensemble, sans son petit frère, tournent souvent au vinaigre car elle continue de brailler dans le vide, de mettre les pieds sur la table, de cracher la nourriture qu’elle n’aime pas au sol, de se promener nu comme un verre alors qu’elle sort du bain, de colorier les meubles, de me répondre avec insolence…

Parfois tout se passe bien, comme avant, mais c’est rare.

Tout le monde me répète que je dois passer plus de temps avec elle, qu’elle se sent délaissée, rejetée etc. Ce que personne ne me dit c’est où trouver ce temps que je n’ai pas !! Je refuse que mon fils connaisse le biberon ce qui signifie que je ne peux guère m’éloigner de lui, et s’il est dans les parages je suis à l’affut et déconcentrée au moindre bruit de sa part. 

Je m’occupe des couches (lavables), des purées, des bains, du ménage, du linge, de nos animaux, des cadeaux de Noël… Alors si j’arrive à accorder 10 minutes à la descendance, pleinement avec elle, c’est déjà bien… même si c’est très loin d’être assez.

Pendant les vacances la descendance va 3 jours par semaine au centre de loisirs ; je l’emmène pour l’ouverture à 7h30 et revient la chercher le plus tard possible, entre 18h et 18h30. Elle adore y aller… et moi cela me soulage de ne pas avoir à la gérer. Autrement je n’y arrive pas, elle me vide de ma substance en 5 minutes, ou alors m’agace tellement que j’en suis toute crispée et bébé par ricochet se met à pleurnicher. 

Des gros mots, voilà ce que j’ai envie de dire en fin de journée.

Je me dis souvent que le temps fera son oeuvre et qu’un jour cette crise sera dernière nous. Bientôt son petit frère sera plus mobile, ouvrant la voie vers plus de jeux et de complicité. Pour autant la culpabilité est là car la réalité est moche : je ń’arrive plus à gérer ma propre fille… et elle n’a que 4 ans. 

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As tu rencontré des difficultés pour accompagner ton enfant de 4 ans ? Des astuces ou conseils à partager ? Dites le moi dans les commentaires !

8 commentaires sur “Au Secours, La Descendance Est En Pleine Crise Des 4 Ans

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  1. Bonjour, parlez lui avec des mots comme à une adulte. dites lui que vous avez compris ce qu’elle ressent: la peur de se voir remplacée et qu’elle se trompe; que vous savez que c’est dur ce sentiment et vous savez qu’elle souffre;
    Dites lui que votre fils a de la chance d’avoir une grande soeur comme elle et que c’est formidable de partager avec quelqu’un le bonheur d’avoir les mêmes parents. Très loin plus tard, ils parleront de vous ensemble mais elle aura toujours une avance sur son frère: les 4 (4?) ans qu’elle a passé seule avec vous et qui lui permettront d’expliquer tellement de choses à son petit frère.
    j’ai fait comme ça avec mes deux fils.
    j’espère que mon mot passera. Je pense que vous n’avez pas reçu celui sur votre mise en question de l’écologie.
    amitiés.

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour 👋 Votre commentaire à propos de mon précédent article était en attente de confirmation vu qu’il contenait un lien, et je ne l’avais pas remarqué. Maintenant c’est bon il est publié 🙂.
      Merci pour vos conseils 🙂. Difficile de trouver un moment où ma fille est calme. J’ai l’impression de parler à un mur, elle n’écoute pas (ou fait semblant, je l’ignore). En fait j’ai l’impression qu’elle a besoin de beaucoup de réassurance, de beaucoup de temps de qualité seule avec moi… et que ce que nous faisons ensemble est trop court, trop imparfait, trop aléatoire, trop dépendant de l’humeur de son petit frère. L’équilibre n’est pas simple à trouver.

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  2. Bonjour,
    Ma fille aînée a 7 ans, la petite 2 ans. J’ai un vague souvenir d’une crise des 4 ans, mais j’en ai plus bavé pendant le terrible two. Et la grande avait 5 ans et demi à l’arrivée de la petite, donc malgré un premier mois difficile (chacun devant trouver sa place), ça s’est bien passé, alors je n’ai malheureusement pas de conseils à vous apporter de ce côté là. Par contre, je ne suis pas surprise de votre degré d’épuisement lorsque je vois la liste de vos tâches quotidiennes. Le bébé est déjà un travail à plein temps (sinon, on emmenerait ses enfants au bureau !) + le ménage, l’intendance, les animaux, les cadeaux… Ça fait une sacrée charge mentale. Je vois 2 leviers possibles : soit le papa prend en charge certaines tâches (ou alors vous pouvez déléguer à une autre personne de votre entourage), soit vous lâchez sur quelque chose (moins de cadeaux faits main, couches jetables en alternance avec les lavables, etc.). Pas facile à faire, mais il faut savoir se préserver. Ou alors, vous essayez d’impliquer votre fille dans la gestion du linge ou des repas. Cela risque de vous ralentir un peu au début, mais cela la valoriserait dans son rôle de grande.

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  3. Tout d’abord, bon courage ! Je pense que tu n’es pas la seule à avoir une enfant en crise à 4 ans et que plein d’autres parents passent par là qu’il y ait un bébé qui viennent d’arriver ou pas. Tu n’es pas responsable ! Et dis toi que tu seras mieux préparée si ton deuxième passe par la même phase !

    Après on a tous notre facon de gérer cette période dure et chaque enfant/famille va réagir différemment. (Ici notre adorable petit garcon, poli, joyeux et autonome a aussi disparu à 4 ans et ce fut le retour des morsures à l’école et du « vol » des jouets des autres.) C’est impossible de te donner des solutions concrètes. Voici quelques pistes qui ont marché pour mes enfants et mes neveux. (Ce ne fut pas miraculeux mais la situation s’est améliorée grandement en 1-3 mois).

    – lacher du lest sur tout ce qui n’est pas mes enfants : moins de ménage à la maison (un aspi robot qui nous sert souvent et pour le reste on ne range/nettoie que quand il y en a vraiment besoin), moins de repas fait 100% par nous: soit on se fait livrer soit je demande de l’aide à la famille et aux amis (numéro 2 est encore petit donc ca ne choque/gène personne) et sinon uno raffole de la combinaison très logique « pates-concombre-brie », moins de lessives aussi (j’ai investi dans une combi intégrale, qui se rince sous la douche, pour enfant pour que Uno puisse jouer dehors en tout temps sans se salir), les bains c’est tous les 3 jours pour numéro 2 (reco de la pédiatre) et tous les jours ou 2 jours pour Uno (selon ce qu’on a fait, un dimanche pluvieux ou on est pas sorti de la maison, pas de bain)…

    – passer plus de temps avec les 2 enfants séparément: ici je donne le bib depuis la naissance donc ca facilite pas mal. Je m’occupe de numéro 2 pendant la crèche et le papa prend le relais quand il rentre du travail ce qui me permet de passer du temps avec Uno seule. On couche aussi assez souvent numéro 2 en premier pour avoir un temps ou on est tous les deux dispo pour Uno (repas ou jeux à 3).

    – on fait garder un petit par nos parents une fois toutes les 2 semaines environ. Au final, j’ai remarqué que Uno voulait de l’attention exclusive mais pas forcément la mienne. Il s’éclate chez ses grands parents, à jouer avec les cousins, il revient crever et de bonne humeur (une bonne nuit de sommeil). Ma soeur a inscrit son ainée à la gym et à la piscine (même activité que le voisin donc les parents se relaient une semaine sur deux pour emmener les enfants), les petiots sont ravis et se dépensent beaucoup…

    – je sors au moins un soir par mois seule (et le mari fait de même) pour me ressourcer. Bon on préférerait le faire en couple mais c’est déjà ca. Je suis de meilleure humeur le lendemain pour gérer mes enfants.

    – J’essaie autant que possible de limiter les raisons des crises de Uno pour le moment. Je lui laisse moins d’alternatives sur les activités (il voulait forcément tout faire en même temps), j’essaie de préparer au max en avance pour limiter les temps d’attente pour lui et être sur de le déposer à l’école à temps. On travail aussi beaucoup sur la gestion des émotions et on essaie de positiver au maximum dès qu’il fait quelque chose de gentil pour les autres ou d’autonome. (Mais c’est quand même dur de le féliciter pour quelque chose qui était normal/acquis 6 mois auparavant.)
    Ma soeur a aussi fait quelques consultation chez une pédopsy qui les as bien aidé à comprendre et discuter avec leur enfant.

    Clairement, je m’en sors psychologiquement parce que mon mari est là et partage les taches sympa et pénibles avec moi. Seule à tout gérer, j’aurais sombrer. Si ton mari ne peut pas être là, ne peux tu demander de l’aide à quelqu’un d’autre pour te soulager ?
    Courage ! Et sache que c’est une phase qui disparait !

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  4. Coucou !
    j’ai pas souvenir d’avoir écrit cet article et pourtant il est évident qu’il est de moi…. à moins que le fucking four ne soit plus répandu qu’on ne le croit ?
    Ma fille n’a pas fait le terrible 2 tant décrié, parce que je m’y attendais, qu’elle était la seule enf

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  5. Coucou !
    j’ai pas souvenir d’avoir écrit cet article et pourtant il est évident qu’il est de moi…. à moins que le fucking four ne soit plus répandu qu’on ne le croit ?
    Ma fille n’a pas fait le terrible 2 tant décrié, parce que je m’y attendais, qu’elle était la seule enfant à gérer à l’époque, et que j’étais assez disposée pour l’accompagner dans ses apprentissages vers l’autonomie (bla blabla). Bref, EASY PEASY LES GARS. Nananèreuh.
    Mais alors là, les 4 ans, bordel de nouille… THE GROSSE CLAQUE. « Au secours » « Pas envie de passer du temps avec elle tellement elle est pénible et méconnaissable » et « culpabilité » sont les maitres mots. Le partage de Maman est une épreuve pour elle, dont elle ne se remet toujours pas alors que la Deuz va sur ses 8 mois. J’arrive à lui accorder parfois 1h juste elle et moi, mais que dalle : ça l’apaise 15 minutes et après c’est de nouveau la pré-adolescence qui revient… On a consulté une psychologue en périnatalité, quelques pistes ont été évoquées mais globalement on en ressort mi-figue mi-raison avec le Chéri… Autant te dire que j’appréhende beaucoup mon retour au boulot en Janvier …
    Si tu trouves un miracle, tu partages hein ?!

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  6. Mais c’est moi !!!!!!!!
    J’ai fait la même crise à mes parents à la naissance de ma sœur ! J’avais 3 ans ! Tout pareil : bégaiement, pleurs, caprices (une pro des caprices même !),….
    Apparemment ça a été épique ! Mes parents m’en parlent encore !!!!
    Bon je suis une chieuse, il y a eu tellement d’épisodes de ce type ! L’année où je ne voulais pas aller à l’école, le refus de manger.. …. Bref je ne veux pas te faire peur mais prépare-toi à des crises !
    Je ne peux que te souhaiter bon courage !

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