Le Premier Mois Avec Deux Enfants : Des Débuts Chaotiques

Certaines mamans gambadent et sont resplendissantes après la naissance… pas moi ! Même sans péridurale j’ai eu l’impression d’être passée sous un poids lourd, entre la fatigue qui pèse sur tout le corps, ce sentiment d’être déconnectée de la réalité, les points de suture qui piquent, la peur de faire caca et la constipation qui va avec (mon record est de 5 jours, qui dit mieux ?), les tétons en FEU, les fameuses tranchées qui te donnent l’impression d’être toujours en train d’accoucher…

Moi en piteux état après l’accouchement.

La question de l’allaitement ne s’est pas posée : je suis un mammifère donc j’allaite. Je croyais qu’allaiter un deuxième enfant allait être un long fleuve tranquille et qu’après mes deux ans d’expérience avec la descendance j’étais devenue experte… Non, du tout, puisque je suis repartie de la maternité avec des crevasses sur chaque téton.

Pour la descendance j’ai manqué de lait le premier mois, ce dont je parlais dans cet article. J’avais mal (les crevasses, encore ces garces), donc j’utilisais un bout de sein en silicone, ce qui ne stimulait pas assez bien mes seins ; un cercle vicieux qui m’a presque conduit à abandonner l’allaitement car la descendance ne prenait pas assez de poids. 

Pour fiston hors de question de refaire la même erreur ! Les bouts de sein c’est non ! Et c’est ainsi que j’ai connu le problème inverse : le trop de lait, les seins constamment engorgés qui ne sont jamais entièrement vidés, le fiston gavé comme un canard (d’où son agréable surnom « foie gras »). La descendance s’est porté volontaire à peu près 457 fois pour téter elle aussi (c’est non, impossible, à 4 ans cela me bloque) et a eu en remplacement quelques verres de lait.

Avec fiston les tétées sont expéditives, en 5 minutes c’est fini, rôt compris (oui il boit d’une traite, et qu’un seul sein). Au même âge la descendance passait au moins 20 minutes sur chaque sein, et les deux à chaque tétée, et c’était du casi non stop dès la fin de l’après midi. 

Fiston après une tétée.

La descendance a été un bébé exceptionnellement calme qui ne pleurait casiment jamais et dormait partout là où on la posait. Avec elle je n’ai connu ni les coliques, ni les poussées de croissance, ni l’angoisse de la séparation. Ma mère me répétait sans cesse « mais tu ne te rends pas compte de la chance que tu as ! ».

Avons nous eu autant de chance avec fiston ? NON, mais j’aurais bien aimé ! Il est de bonne composition en général, surtout la journée, MAIS… il est très demandeur de contact et à partir de 17h impossible de le poser. Il lui faut soit les bras soit l’écharpe, et bien sûr de préférence avec maman et sa bonne odeur de lait.

Quand je me fais rappeler à l’ordre par bébé.

Monsieur dort comme un ange dans l’écharpe, jusqu’à 4 heures d’affilé en entrouvrant les yeux de temps en temps pour s’assurer qu’il est toujours contre maman et il se rendort (est ce que la couche tient 4 heures ? Ça s’est une autre question). Le reste du temps si nous essayons de le poser il n’hésitera pas à exprimer son mécontentement face à notre impolitesse à son égard. Je peux donc le remercier d’avoir développer mes capacités à vivre ma vie quotidienne avec une seule main.

Nous avons souvent eu des journées plutôt agréables… mais d’autres carrément éreintantes où il était impossible de le poser juste une micro seconde, où la fatigue me rendait irritable et où la descendance en avait un peu marre que sa maman ne soit pas disponible pour elle. Nous avons passé de bons moments ensemble, à danser tous les 4 sur de la musique ou allonger dans l’herbe du jardin, tout comme il y a eu des tensions, des repas 100% industriels et des assiettes qui s’empilent dangereusement dans l’évier.

Avoir du temps pour soi, un concept qui n’existe plus.

La descendance était très impatiente à l’idée de rencontrer son petit frère mais la cohabitation les premiers jours a été vraiment, vraiment compliqué. J’ai été tellement obnubilée par l’accouchement que je ne m’étais pas du tout projetée dans notre future vie à 4…. J’aurais dû. La descendance a eu beaucoup de mal à trouver sa place dans notre nouveau quotidien rythmé par les tétées, les dodos, les pleurs et les allées et retours dans le couloir pour endormir le bébé. 

Sa frustration était palpable, d’autant plus qu’il faisait un froid de canard et qu’elle ne pouvait plus jouer et se défouler dehors. Elle gesticulait, braillait, me sautait dessus pendant les tétées, faisait des bêtises pour attirer notre attention, refusait d’aller se promener avec l’Époux pour me coller toute la journée, ou alors elle me fixait du regard les yeux plein de larmes. Plusieurs fois le ton est monté car je ne supportais pas qu’elle s’agite autant à côté d’un nouveau né, d’autant plus que j’étais épuisée et en plein chamboulement hormonal. 

On en parle des nuits hachées et de la fatigue ?

Nous avons fait de notre mieux pour préserver des moments rien que pour elle mais le choc de devoir partager si soudainement sa maman a quand même été rude. Puis petit à petit notre routine a pris forme avec son nouveau rôle en tant que grande soeur qui s’occupe de me donner couches et vêtements, puis le beau temps est revenu et l’école a ENFIN repris (l’école, quelle bénédiction).

Au fil des semaines la descendance est devenue très protectrice envers son petit frère, à l’appeler MON bébé, à lui faire plein de bisous et de câlins, à lui dire qu’elle l’aime, à lui préparer des bouquets de fleurs et à lui raconter des histoires. Elle est toujours un peu trop vive et stimulante à ses côtés mais elle est pleine de bonnes intentions.

Quand on demande à la descendance de se tenir tranquille.

Pour ce deuxième et dernier enfant j’ai testé la fameuse écharpe de portage qui j’avoue me faisait un peu peur avec ses pans de plusieurs kilomètres de long (j’exagère à peine !!). C’est confortable, y’a pas à dire, autant pour fiston que pour moi, j’ai les deux mains libres (quel luxe) et j’ai mon bébé tout contre moi. Par contre les inconvénients… 

Je m’y attendais mais qu’est ce que c’est pénible à nouer ! Ces pans qui trainent par terre et qui ramassent toute la poussière et tout les poils de chiens ! Le temps d’apprentissage est bien long comparé à un préformé, surtout quand bébé s’impatiente et que maman s’emmêle les pinceaux à cause des pleurs. J’arrive à un résultat qui fait l’affaire mais je pense qu’une monitrice de portage serait horrifiée (non je ne prendrais pas de cours, je suis une rebelle).

Qui dit bébé dit retour aux couches lavables, youpi ! Pendant la grossesse j’ai décrassé mes couches et, après d’intenses recherches, j’ai compris que ma lessive fait maison n’est tout simplement pas compatible avec les couches lavables (il était quand même temps que je m’en rende compte, je sais) ; d’où les érythèmes fessiers à répétition, d’où les inserts qui deviennent imperméables (le récit du décrassage le plus fastidieux de tous les temps est ici), d’où les fuites (oui j’ai réussi à flinguer le PUL de mes couches)… J’ai donc acheté une lessive du commerce, aïe le choc (et aïe la culpabilité) après presque 3 ans à n’avoir utilisé que celle que je faisais moi même.

Les voici les revoilà, mes couches football !

À la maternité j’avoue avoir eu la flemme et j’ai utilisé des jetables pendant 3 jours (bouh l’écolo en carton) mais dès le retour à la maison j’ai du m’y coller. Avec en moyenne une bonne douzaines couches par jour (parce que monsieur crotte à foison) il faut obligatoirement faire une lessive tous les deux jours. Dans un quotidien déjà bien pimenté c’est parfois bien difficile de tenir le rythme.

L’Époux est, comme avec la descendance, complètement incapable de changer bébé. Clipser l’insert sur la couche ? Attacher la couche sur les fesses de bébé avec les scratchs ? Non, trop compliqué ! Ce qui est vraiment étrange c’est que la descendance, du haut de ses presque 4 ans, connait très bien toutes les marques de couches que nous avons à la maison et comment elles fonctionnent…

Les 2 premières semaines mes couches fuyaient systématiquement au niveau de l’aine et cela m’agaçait sérieusement, pourquoi tant de nullité avec les couches lavables ?! Après investigation j’ai compris que les taille unique, qui soit disant vont de la naissance jusqu’à 3 ans, ne sont en fait PAS DU TOUT adaptées au format d’un nouveau né (en tout cas pas à mon fils). Les trois quarts de mes couches sont donc repartis dans le grenier en attendant que fiston veuille bien prendre 4 ou 5 kilos. Pour le moment nous utilisons donc la seule et même marque dont les couches ne fuient pas… mais qui sont affreusement moches.

Je rêve d’une collection aussi belle mais ça coûte un rein.

========

Voilà pour notre premier mois avec ses hauts et ses bas… Finalement, avec quelques semaines d’apprentissage bien chaotiques à s’apprivoiser les uns les autres, chacun trouve petit à petit sa place. Nous avons une nouvelle routine, plus bruyante, plus sportive, pas toujours très bien organisée mais tellement plus vivante ! 

J’aimerais bien savoir comment ce premier mois à plusieurs s’est passé pour vous… Racontez moi tout dans les commentaires !

3 commentaires sur “Le Premier Mois Avec Deux Enfants : Des Débuts Chaotiques

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  1. C’est tout une aventure la vie à 4!
    Une aventure que je n’ai pas connu !
    Mais je sais que c’est une belle aventure ! Mes neveux qui ont moins de 2 ans d’écart m’ont donné un petit aperçu de cette vie aventureuse ! Garder les 3 enfants d’une copine s’est avéré des plus aventureux….. Mais pourquoi j’avais dit oui ce jour-là ?????!!!!! Pourquoi mon homme m’a laissé faire ????!!!!!
    Vous allez prendre votre rythme petit à petit et tout ira bien !
    Des bisous à tous les 4

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  2. Je raconterai ça bientôt, même si j’évoque beaucoup le quotidien sur Insta… mais SPOIL : on a mit au monde le même modèle de bébé j’ai l’impression ! Les crevasses à la maternité, le lait à foison, le bébé aspergé qui est gavé au bout de 3 minutes, l’opulence de cacas, l’impossibilité de poser bébé … Tout comme toi !!

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  3. Ici la situation est un peu différente car j’ai décidé de ne pas allaiter. Donc dés que N1 rentre de la crèche, c’est le papa qui prend la relève avec N2 la première heure pour que je me consacre à N1. Et ça a plutôt couvert son besoin de maman. Il faut dire aussi que vu ce que j’étais malade pendant la grossesse, je suis plus dispo maintenant pour N1 qu’avant. (Passée les premiers 10 jours après l’accouchement ou j’avais du mal à bouger.)
    Ca n’a pas empêcher quelques anicroches et crises mais moins que je pensais. J’ai hâte de profiter du beau temps pour aller chercher N1 à la crèche avec la poussette et d’aller au parc à 3.

    Et perso, je n’ai pas laissé mon époux me dire que les couches c’était trop compliqué. Les 10 premiers jours après la naissance, il a fait 80% des couches et levers car je ne pouvais pas marcher facilement.
    Maintenant, c’est 50% chacun pour les couches, les biberons et les réveils nocturnes (même si j’ai dû le secouer les premières fois).

    Ce qui m’a plus surprise sur les premiers mois, c’est la différence entre N1 et N2 sur le sommeil, l’appétit, les réactions. Ce n’est pas mieux ou pire mais c’est tellement surprenant et différent de ce que j’avais imaginé, basé sur N1. Les soirées tranquilles en couple me manquent un peu aussi.

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